Regard
critique de Otto Hahn
Patronne
des cas impossibles et des situations désespérées,
sainte Rita passionne actuellement les artistes. Et
parmi ceux - ci, Claude Buraglio.
Le nom de Rita vient sans doute de Margarita, mot qui
désigne aussi bien une fleur qu’un ornement
précieux, la perle. La Bible en parle déjà : « Ne
donnez pas aux chiens les mystères sacrés,
ne jetez pas les marguerites aux animaux impurs».
C’est devenu un proverbe : « donner des perles à un
cochon». La marguerite doit plaire à
Claude Buraglio. En observant cette fleur symbole, que
voit - on ? Un cœur d’or, entouré d’une
couronne de pétales d’un blanc lilial. Cette
couronne immaculée figure la grande pureté de
vie des trois états de la femme : La vierge, l’épouse,la
veuve .Tige pure et droite s’élevant vers
le ciel, sainte Rita donne aux épouses martyrisées
un éclatant exemple de patience héroïque.
L’aspect kitsch de l’édifiante sainte
se prête particulièrement bien à l’illustration.
Claude Buraglio séduite ,consciemment ou inconsciemment
par le post human ,s’amuse des archétypes
féminins et en donne une version lisse ,mélange
d’abandon et de désir . Une intimité curieuse
se lit dans les œuvres, une intimité faite
d’yeux ouverts ou clos, de baisers donnés
et de cigarettes allumées. Les scènes muettes,
suspendues dans le temps, diffusent une ambiance qui
se place entre le clair et le trouble ,entre l’érotisme
et la sainteté.
Otto
Hahn.
In regard critique. 1995. Otto Hahn était auteur
et critique d’art, et collaborait à l’express
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